La Headquarters Company du 3/507 a été larguée sur la petite commune de Craignes, à 6 km au sud de Carentan, pendant que le reste du Régiment était éparpillé loin au nord du côté d'Amfreville, de part et d'autre du Merderet. Les hommes tombent dans les marais et certains se noient. Le Co du 3/508, Major Johnson rassemble environ 180 hommes, parmi lesquels quelques gars de la 101 AB. Il décide de tenir Craignes. Il fortifie le petit village et mine le pont. Les habitants aident les américains en récupérant de nombreux bundles largués dans les marais. Le prètre du village fait des merveilles et des femmes franchissent des barrages allemands avec des munitions planquées dans une brouette. Les américains récupèrent ainsi quelques mitrailleuses et mortiers. Les allemands sont présents mais se contentent d'envoyer des patrouilles que les paras éliminent ou capturent. Au soir du 10 juin, les paras tuent deux allemands dont les papiers révèlent qu'ils appartiennent à une division blindée SS. Le lendemain matin, dimanche 11 juin, un violent barrage d'artillerie tombe sur le village et sur les défenses américaines. Déjà, les pertes sont lourdes. Un premier assaut allemand mené par près de 2 000 hommes est lancé et repoussé. Mais vers 20 heures, après une nouvelle préparation d'artillerie, les allemands repartent à l'attaque. Les allemands s'infiltrent un peu partout. A une heure du matin, il n'y a plus de défense organisée de Craignes. les américains refluent vers les marais. Le major Johnson est tué et c'est le Captn Leroy Brummit qui prend le commandement de la centaine d'hommes réunis autour de lui. A travers les marais, ils rejoignent deux jours plus tard les lignes américaines au sud de Carentan. Pendant ce temps à Craignes, le village a été nettoyé par les allemands de la Goetz. Les blessés américains sont rassemblés, conduits dans un champs et fusillés sommairement. le prètre, l'abbé Leblastier et trois femmes subissent le même sort. Un capitaine de la 101ème qui s'était cassé la jambe lors du saut, fait partie des fusillés.
Liste des paras tués à Craignes :
MAJ CHARLES D. JOHNSTON (XO, 3/507)
CAP LOYAL K. BOGART (CO, B/501)
CAP ABRAHAM SOPHIAN, JR. (Surgeon, 507)
1LT ELMER F. FARNHAM (HQ3/507)
1LT ELMER F. HOFFMAN (SVC/507)
1SG CYRIL McINTYRE (????)
SSG JEAN TESSIER (???)
SSG NELSON F. HORNBAKER, JR (medic, 507)
SGT HARRY W. MURRAY (RHQ/507)
CPL MARVIN H. ALLEN (HQ3/507)
PVT GEORGE S. BARGONA (SVC/507)
SGT BENTON J. BROUSSARD (HQ3/507)
SGT WALTER L. CHOQUETTE (19071264) (RHQ/507)
T/4 ROY M. CALLAHAN (B/501)
SSG KENNETH B. GUNNING (HQ3/507)
PVT JESUS CASAS (39405908) (medic, 507)
CPL REUBEN F. LEMPKE (HQ3/507)
CPL WILLARD J. LUCAS (HQ3/507)
CPL JAMES NOFF (?) (???)
CPL LEONARD PARKLOM (?) (???)
T/4 EDWARD J. PILLIS (medic, 507)
PVT THOMAS J. TRAVERS (HQ3/507)
PVT WILLIAM H. LOVE (HQ1/501)
PVT ARNOLD J. MARTINEZ (HQ3/507)
PVT ROBERT R. MILLER (medic, 507)
PFC DAVID PURCELL (???)
PFC LACY H. REAVES (HQ3/507)
PVT ROBERT R. ROCKWELL (HQ3/507)
PFC JOSEPH A. STACHOWIAK (medic, 507)
PVT HERBERT WEISS (B/501)
32 civils seront par ailleurs massacrés en tout.
7 paras du 507 surpris par les allemands dans la nuit du 6 juin furent aussi massacrés à Hemevez pas très loin de là .
Craignes ne sera libéré que le 12 juillet (ou peut-être le 9??)par le 120th Infantry Regiment
dès le 12 à 3 h00 du mat, tous les troopers en état de marcher avaient évacué Craignes, laissant les 19 blessés aux bons soins du père Leblastier et du père Lebarbanchon. 3 troopers incapables de bouger furent tués dans l'église. 5 furent éxécutés dans un pré derrière l'église. les autres furent conduits au Mesnil Angot où on leur fit creuser leur tombe avant de les tuer...
L'évacuation des paras se fit en désordre, par petits groupes à travers les marais, souvent avec l'aide de français...
Malheureusement pas trace dans les récits de prisonniers allemands retenus à Craignes. DU 6 au 10, les paras sécurisent le périmètre de Craignes surtout contre les allemands qui se replient d'Omaha. C'est une guerrilla d'embuscades, "hit and run"... pas le temps de faire des prisonniers... Puis arrive la 17th SS Goetz von Berlichinghem en provenance de St Lo le 10 juin, avec attaque au matin du dimanche 11 juin...
Anecdote :
deux basques espagnols rejoignirent les troopers à Craignes. Ils étaient sous la garde des gendarmes français quand les paras arrivèrent à Craignes...
texte de Gennaker