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 La Plan Schlieffen

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Heinrici
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Heinrici


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MessageSujet: La Plan Schlieffen   La Plan Schlieffen EmptyMer 25 Aoû 2010 - 19:05

Le comte Alfred Von Schlieffen est née à Berlin en 1833. En 1891, il succéda au maréchal Alfred Von Waldersee (1) à la tête du grand état-majors allemand. Sa première initiative fut de modifier puis renforcer l'armée. Il fallait doter l'Allemagne d'une grande puissance militaire. Schlieffen élabore au cours de l'année 1898, les bases du plan d'invasion de la France qui portera son nom. Il s'ingéniera durant le reste de sa vie à analyser les progrès du monde militaire qu'il mettra à profit dans ses mises au point de son plan.(2)
Après la campagne de 1870-1871, l'Allemagne par le jeu des alliances se retrouve englobée à l'ouest par la France et la Russie à l'est. Après cette déroute, le France décide de fortifié sa frontière du nord et espère ainsi dissuader toute velléité offensive de la part de l'Allemagne. Ce front fortifié englobait des constructions selon une ligne Verdun-Toul-Nancy-Epinal. Dans le cadre d'une offensive, Schlieffen savait qu'un plan à tendance classique serait de passer ou plutôt se jeter dans ce réseau de fortifications.
« Schlieffen était enclin à simplifier l'histoire militaire. Il avait élaboré ses principes stratégiques en étudiant la tactique moderne et il projetait trop facilement les idées modernes dans le passé historique »(3). Du coté de l'est, Schlieffen basait ses futurs calculs sur une lente mobilisation de l'armée Russe et cela au vue de l'étendue du territoire et de la concentration de ses moyens. Le délais était évalué à 15 jours avant d'entre-voir les premières offensives vers l'Allemagne en provenance de Russie. Schlieffen tablait sur une faible concentration de ses forces à l'Est en faveur du front Ouest avec un retour des renforts après l'écrasement rapide de la France. Cette concentration ne reprenait au départ que 10 divisions et la 8 armée de troupe régional (4).
Par ce constat, il lança les bases de son étude de contournement du système de défense de la France. Schlieffen connaissait la rancune que la France vouait à l'Allemagne et savait que la valeur du mot "France" au yeux du monde avait perdu de sa splendeur. La déroute de Sedan en 1870 reste encore dans toute les mémoires et pousse la France à chercher l'occasion de sa revanche. Schlieffen pensait que la France rechercherait à récupérer les territoires annexés par l'Allemagne dés qu'un bonne occasion se présenterait. L'effet psychologique que représentait l'Alsace et la Lorraine ne pouvait être que l'élément déclencheur de son étude. Ce genre de défauts, Schlieffen les illustraient toujours en terme de « Liebesdienst » où les complaisances de l'ennemi (5). Il jetait en 1894 les premières lignes de son étude. Entre 1897 et 1905, il émettait l'hypothèse d'une armée française attirée vers l'est et l'Allemagne et de permettre ainsi à une aile droite allemande renforcée de tomber sur une ligne de communication fortement allongée pour l'armée française. Cette dernière se retrouverait coupée de ses bases et poussée vers la Suisse et le Jura avant d'être écrasée. A l'heure actuelle et au vue du Plan XVII, nous savons que Schlieffen avait tapé dans le mille. Par ce principe, il développa son plan et par ce fait, la plus grande œuvre de sa vie. Son aile gauche serait peu fournie, pour permettre au Français dans un premier temps de parer l'attaque pour ensuite profiter de l'occasion pour contre attaquer. L'aile droite quant à elle serait renforcée; pour permettre une traverser rapide de la Belgique en franchissant la Meuse et de ce rabatte par un grand mouvement tournant par delà la seine sur l'armée française. Le jeu des vases communicants était de rigueur car l'aile gauche allemand affaiblit permettait de renforcer l'aile droite allemande. L'effet de surprise était une des bases fondamentales de ce plan. L'armée allemande présentait sur le front ouest 72 divisions disponibles pour une offensive. Il calcula que l'aile gauche pouvait se concentrer avec seulement 9 divisions et un appui de 10 divisions pour tenir le point de pivot de l'aile droite à hauteur de Verdun. La force de manœuvre détenait à elle seule 53 divisions pour la force de frappe (6). Contre-attaquant en direction du Rhin et de l'Allemagne, il serait difficile à l'armée Française de modifier son déploiement pour parer à cette force de frappe que représente l'aile droite allemande. Schlieffen insistait que « pour obtenir un succès décisif, destructeur, il est de toute nécessité de prononcer une attaque simultanée sur deux ou trois points à la fois, c'est-à-dire sur le front et contre un flanc ou les deux flancs. Une attaque de cette nature est relativement facile à exécuter par celui qui possède la supériorité des effectifs. Mais, dans les circonstances actuelles il est difficile de compter sur cette supériorité. Les moyens dont il faut disposer pour une puissante attaque de flanc ne peuvent être obtenus qu'en réduisant, dans la mesure du possible, les forces employées contre le front ennemi... ces dernières ne peuvent se considérer comme ayant seulement pour mission d'occuper l'ennemi, de le fixer par des feux exécutés aux grandes distances, dans des positions abritées. (...) il faut s'avancer contre le front [color=red](7)[/color].» Les bases furent jetées et la mise au point ne cessa durant tout le reste de sa vie de le hanter.
Pour en revenir à une étude plus concrète il est nécessaire de reprendre point par point le plan Schlieffen.
En 1894, la France signe avec la Russie, une alliance qui enferme l'Allemagne entre deux grands états d'Europe. Ces accords seront modifié en 1912-1913 et mettait le Haut Commandement Russe face à ses obligations. Les deux grands points d'importance sont dans un premier temps une mobilisation automatique sans demande spécifique de la France. Dans un second temps et qui confirmera les intuitions de Schlieffen consiste en une offensive simultané de l'armée Française à l'Ouest et de la Russie sur le front Est. Les accords englobais 800.000 hommes aptes à une offensive aux 15 jours de la mobilisation.8 Par sa vision, le haut commandement allemand mettait à profit ce facteur nouveau la fixation totale d'un de ses deux fronts, pour pratiquer le stratégie par ligne intérieures, sens courir de grands risques (9).
La Russie n'est vraiment pas un problème, les observateurs notaient l'enlisement de son armée en Mandchouries face au Japon et une perte des ses meilleurs hommes et matériels. Mais les faits les plus graves se déroule dans sa politique intérieur et la révolution social qui prend forme.
Il faut noter que l'Allemagne n'était pas seul face à cette coalition, mais Schlieffen n'accordait aucune valeur à l'Armée Austro-Hongrois. De même l'Empire Anglais ne rentrait pas dans ses calcules. En écartent la bataille sur deux fronts durant une période de 15 jours, Schlieffen peux élever la valeur combative du front Ouest. Comme nous l'avons vu précédemment, Schlieffen ne veut pas d'une offensives longues et cherche à écarter un assaut frontale. La solution se rapproche de la bataille de Canne et une offensive par les Flancs. Il reste donc trois points de passage permettant cette stratégie. La Suisse présente un terrain moins favorables. Le Luxembourg présente quant à lui un front trop étroit pour une forte concentration de troupe qui déboucherait trop près des fortifications Françaises. La Belgique semble être le point de passage le plus favorable au point de vue géographique et d'infrastructure. La solution passe donc par la neutralité de la Belgique et du Luxembourg; neutralité garantie par l'armée anglaise. Cette violation est nécessaire pour un succès rapide en moins de 15 jours mais surtout décisif. Un débordement par la Suisse d'une part et la Belgique-Luxembourg de l'autre conduirait à une trop grande dispersion des forces ne permettant pas de répondre à ces deux obligations. Si ces deux points ne sont pas remplit dans le laps de temps impartit, l'Allemagne se retrouvait à combattre sur deux fronts. L'avantage non négligeable du point de passage nord, résidait dans la possibilité de couper les forces française des riches zones industrielles du nord. Schlieffen était près à accepter les initiatives de ses subordonnés, ce que le haut commandement français n'aurait jamais accepté. Il permettait une réaction rapide sur un secteur et ainsi éviter une perte de temps (10).

Malheureusement pour Schlieffen, il devait céder les rennes du haut commandement Allemand imposé par Guillaume II. En 1906 le général Helmut Moltke avait été choisi par le Kaiser. Le plan devait être appliqué par un autre acteur en la personne du général Helmut Moltke en 1906. Il se caractérisait par un esprit servilement inspiré par son Oncle et dénué de l'orra d'un grand chef. Ce personnage aime laisser à ses subordonnés une part d'initiative. Geste louable en soi mais dans son cas, représentant une faiblesse. Fuller utilise à son égard le terme de « commandant en chef presque de nom »(11), ce qui illustre ses capacités.
En 1912, par l'apport des progrès techniques et du gonflement de l'armée, Moltke décide de renforcer son centre. Fuller estime que l'aile gauche de Schlieffen représentait 15% de l'aile offensive droite (ou Marchante). Par son renforcement, Moltke montait le rapport à 42% sur l'aile droite (12). A défaut de reculer pour permettre au Français de s'enfoncer en étirant leurs communications, il repoussait l'armée française vers l'intérieur du territoire. Permettant aux responsables de l'armée de se reporter sur le front fortifié et de ne former plus qu'un front continu. Partant de l'est il était possible maintenant de manœuvrer vers le nord. Cette situation soulageait le Haut commandement français car, il pouvait glisser le centre de ses forces en lieu et place d'un retournement de front nettement plus difficile à mettre en place.
Inspiration médiocre ou mauvaise lecture du plan, crainte d'une défaite centrale où excès de confiance, il est difficile à l'heure actuelle d'avoir une vision concrète à défaut d'être correcte sur son choix. Quoi qu'il en soit, les conséquences en seront plus que catastrophique. L'historien militaire Liddel Hart en son nom propre, tentera d'expliqué cette manœuvre par le fait que Moltke cherchait une solution plus rapide qu'un enveloppement (13).

La légende raconte que ses dernières paroles, au soir de sa vie en 1913, concerneront "son" obsession en déclarant « Renforcez l'aile droite »(14).
Si aujourd'hui le plan Schlieffen parait limpide, il ne faut pas oublier que sa théorie fut développée par tâtonnement et observation des faits et progrès dans les pays limitrophes. Pour terminer, si Schlieffen fait un grand pas dans le monde des stratèges, c'est qu'il n'avait pas conçu un plan. Il s'était penché et orchestré tout les domaines qui pouvaient influencer et faciliter son plan. Ligne de Chemin de fer, lieux de stockages, calcul de déplacement d'un type d'unité suivant un type de terrain (15). Sans retirer les honneurs à la France pour sa victoire sur la Marne, il faut reconnaitre que Moltke en fut l'incontestable annonciateur.

Merci de m'avoir lu

Dominick





1: Comte Alfred Von Waldersee vie le jour à Postdam en 1832, il fut maréchal au grand état-majors allemand. Après avoir laissé sa place à Von Schlieffen en 1891, il reprendra ses fonctions à la tête des troupes internationales envoyées en Chine durant la guerre des Boxers de 1900 à 1901. Il mourut à Hanovre en 1904. Source; Larousse encyclopédique en couleur; France Loisir p9622
2: Larousse encyclopédique en couleur; France Loisir, p8444
3: Mead Earl E.; Les maîtres de la stratégie; Tome II; P.219
4: Fuller J.F.C. ; La conduire de la guerre, P.21
5: Mead Earl E.; Les maîtres de la stratégie; Tome II; P.223
6: Liddell Hart B.H.; Stratégie; P302
7: Antologie Mondiale de la Stratégie des origines au Nucléaire; Alfred Schlieffen P.1031
8: Wanty E.; L'art de la guerre, de la guerre de Crimée à la Blitzkrieg hitlérienne;P.123
9: Wanty E.; L'art de la guerre, de la guerre de Crimée à la Blitzkrieg hitlérienne;P.144-145
10: Mead Earl E.; Les maîtres de la stratégie; Tome II; P.228
11: Fuller J.F.C. ; La conduire de la guerre, P.217
12: Fuller J.F.C. ; La conduire de la guerre, P.218
13: Liddell Hart B.H.; Stratégie; P.303
14: Paléologue M.; Un prélude à l'invasion de la Belgique; le plan Schlieffen de 1904; P.114
15: Mead Earl E.; Les maîtres de la stratégie; Tome II; P.222


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