Bonjour,
Dès la prise d'Alger les hommes armés au service du Bey ou supposés tels, se sont dispersés à tous vents. Ces " bandes " car ici les termes généralement utilisés pour désigner des soldats ne conviennent pas tant l' organisation et la discipline leur faisaient défaut, étaient composées de Janissaires membres de la troupe régulière turque et de gardes recrutés parmi les indigènes dont, parait-il, de nombreux Kabyles de la tribu des " zouaoua " (j'ai lu d'autre part que " zouaoua " désignait l'ensemble des Kabyles et non pas une seule tribu, le débat est ouvert…) et des cavaliers venant un peu de partout et recrutés au coup par coup comme des hommes de main pour accomplir une tâche ponctuelle (faire payer tribut aux chefs de clans, escorter un convoi de valeur, forcer à l'obéissance une faction réfractaire, razzier une tribu, des femmes ou du bétail et autres…).
Après le départ du Bey certains d'entre eux ont quitté la région, d'autres sont restés avec les vainqueurs au titre " d'auxiliaires " ou " d'irréguliers ", c'est-à-dire n'ayant pas de statut officiel dans l'Armée mais un contrat très court, plus ou moins formel et lié à une opération déterminée.
Le caractère de la " guérilla " locale nécessitait une rusticité, une mobilité et une rapidité d'action et de réaction que l'on trouvait déjà dans les régiments européens des subdivisions d'armes dites " légères " (chevau-légers, hussards, chasseurs à cheval et à pieds, tirailleurs et infanterie légère utilisés pour des tâches de reconnaissance et de harcèlement dans les guerres européennes).
Peu après, Paris ayant rappelé une partie des troupes stationnées en Afrique, le commandement eu l'idée de constituer des unités régulières mixtes à pied et à cheval, les " Bataillons Turcs ", organisés selon les principes de l'infanterie et de la cavalerie " légères ".
Destinés à être composés d' engagés d'origine locale, il y eu tout d'abord les Zouaves qui ne tardèrent pas à accueillir des Français pour finir par devenir des régiments exclusivement Européens. Puis on sépara les fantassins des cavaliers .
Le 10 Décembre 1830 on créa les " les Chasseurs Algériens " composés de cavaliers Français et Indigènes, on les nommait également " Zouaves à cheval " ou " Numides ", c'est dire que tout l'imaginaire épique de nos généraux pouvait alors donner libre cours à la fascination de l'Européen pour cet Orient au cœur duquel il évoluait maintenant, du moins en avait-il l'impression. Ils furent évidemment vêtus " à l'orientale " de ce qui était en fait un costume turc d'apparat: veste à manches de couleur garance, gilet bleu fermé par devant et sans boutons, pantalon bleu à la turque, ceinture large amarante, fez rouge autour duquel était enroulé un turban amarante, grandes bottes; pour manteau un burnous blanc, pour arme un long sabre recourbé, des pistolets passés à la ceinture, un fusil porté en bandoulière. Cet uniforme, comme les autres uniformes des troupes " indigènes " ou supposées telles de l'Armée d'Afrique n'est que l'expression débridée de la faveur enthousiaste des européens de cette époque romantique pour les choses de " l'Orient ". Leur particularité était d'être montés sur des chevaux barbes entiers, de race locale, plus petits que les chevaux d'Europe. Le jeune Youssouf qui deviendra célèbre par la suite en fut un des premiers capitaines.
Constatant l'efficacité de cette cavalerie légère adaptée aux rudes conditions de l'aridité et du relief de la terre africaine , c'est par ordonnance royale du 17 Novembre 1831, que Louis-Philippe 1er créa les deux premiers régiments de Chasseurs d'Afrique où furent versés les Chasseurs Algériens et d'autres cavaliers prélevés sur des régiments de France.
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Roland