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 Histoire de Liège = Histoire de France "La bataille des 600 Franchimontois"

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tchewal
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tchewal

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MessageSujet: Histoire de Liège = Histoire de France "La bataille des 600 Franchimontois"   Histoire de Liège = Histoire de France "La bataille des 600 Franchimontois" EmptyVen 14 Fév 2014 - 21:42

Bonjour,

L'histoire de Liège et l'histoire de France sont intimement liées jusqu'à Waterloo!!

Voici un texte en vieux Français relatant la tentative des 600 Franchimontois en octobre 1467.


Comment les Liégeois firent une merveilleuse saillie sur les gens du duc de Bourgongne, là où luy et le roy furent en grand danger.


Or notez comme un bien grand prince et puissant peut très-soudainement tomber en inconvénient, et par bien peu d'ennemis, parquoy toute entreprises se doivent bien penser et bien débattre, avant que les mettre en effect. En toute ceste cité il n'y avoit un seul homme de guerre, sinon de leur territoire. Ils n'avoient plus ni chevaliers ni gentils-hommes avec eux ; car si petit qu'ils en avoient, auparavant deux ou trois jours, avoient esté tués ou blessés. Ils n'ayoient ni portes ni murailles ni fossés, ni une seule pièce d'artillerie, qui rien vausist; et n'y avoit riens que le peuple de la ville, el sept ou buit cens hommes de pied, qui sont d'une petite montagne au derrière de Liége, appellée le païs de Franchemont ; et à la vérité, ont toujours esté très-renommés et très-vallians ceux de ce quartier. Or se voyans dèsespérés de secours (vu que le roy estoit là en personne contre eux) se délibérèrent de faire une grosse saillie, et de mettre toutes choses en aventure ; car aussi lieu ils sçavoient bien qu'ils estoient perdus. Leur conclusion fut, que par les trous de leurs murailles, qui estoient sur le deniére du logis du duc de Bourgongne, ils sailliroient, tous les meilleurs qu'ils eussent, qui estoient six cens hommes du païs de Franchemont : et avoient pour guide l'hoste de la maison où estoit logé le roy, et aussi l'hoste de la maison où estoit logé le duc de Bourgongne; et pouvoient venir par un grand creux d'un rocher, assez prés de la maison de ces deux princes, avant qu'on les apperçust, moyennant qu'ils ne fissent point de bruit. Et combien qu'il y eut quelques escoustes (1) au chemin, si leur sembloit-il bien qu'ils les tueroient, ou qu'ils seroient aussi tost au logis comme enx. Et fesoient leur compte que ces deux hostes les mèneroient tout droit en leurs maisons, où ces deux princes estoient logés, et qu'ils ne s'amuseroient point ailleurs, parquoy les surprendroient de si près qu'ils les tueroient, ou prendroient, avant que leurs gens fussent assemblés; et qu'ils n'avoient point loin à se retirer; et qu'au fort, s'il falloit qu'ils mourussent pour exécuter une telle entreprise, qu'ils prendroient la mort bien en gré; car aussi bien ils se voyoient de tous poincts destruits, comme dit est. Ils ordonnérent outre, que tout le peuple de la ville sailliroit par la porte, laquelle respondoit du long de la grande rne de nostre fauxbourg, avec un grand heu (2), espérant desconfire tout ce qui estoit logé en ce dit fauxbourg; et n'estoient point hors d'espérance d'avoir une bien grande victoire, ou à tout le moins, et au pis aller, une bien glorieuse fin. Quand ils eussent eu mille hommes-d'armes avec eux, de bonne estoffe (3), si estoit leur entreprise bien grande; toutesfois il s'en fallut bien peu qu'ils ne vinssent à leur intention. Et comnme ils avoient conclu, saillirent ces six cens hommes de Franchemont par les brèches de leurs murailles; et croy qu'il n'estoit point encore dix heures du soir; et attrapèrent la pluspart des escoutes, et les tuèrent : et entre les autres y moururent trois gentils-hommes de la maison du duc de Bourgongne. Et s'ils eussent tiré tout droit, sans eux faire ouyr jusques à ce qu'ils eussent esté là où ils vouloient aller, sans nulle difficulté ils eussent tué ces deux princes, couchés sur leurs licts. Derrière l'hostel du duc de Bourgongne y avoit un pavillon, où estoit logé le duc d'Alençon (4) qui est aujourd'huy, et monseigneur de Craon (5) avec luy ; ils s'y arrestèrent un peu et donnèrent des coups de piques au travers, et y tuèrent quelque valet-de-chambre. Il en sortit bruit en l'armée, qui fut occasion que quelque peu de gens s'armèrent, au moins aucuns se mirent debout. Ils laissèrent ces pavillons, et vindrent tout droit aux deux maisons du roy et du duc de Bourgongne. La grange (dont j'ay parlé) où ledit duc avoit mis trois cens hommes d'armes, estoit rasibus desdites deux maisons, où ils s'amusèrent, et à grands coups de piques donnèrent par ces trous qui avoient esté faits pour saillir. Tous ces gentils-hommes s'estoient désarmés n'avoit pas deux heures (comme j'ay dit) pour eux rafraîchir pour l'assaut du lendemain; et ainsi les trouvèrent tous, ou peu s'en faloit, désarmés; toutesfois aucuns avoient jeté leurs cuirasses sur eux, pour le bruit qu'ils avoient ouy au pavillon de monseigneur d'Alençon; et combatoient iceux à eux par ces trous, et à l'huis, qui fut totalement la sauveté de ces deux grands princes; car ce délay donna espace à plusieurs gens de soy armer, et de saillir en la rue. J'estoye couché en la chambre du duc de Bourgongue (qui estoit bien petite), et deux gentils-hommes qui estoient de sa chambre, et au dessus y avoit douze archiers seulement, qui faisoient le guet; et estoient en habillemens, et jouoient aux dés. Son grand guet estoit loin de luy, et vers la porte de la ville. En effect l'hoste de sa maison attira une bende de ces Liégeois, et vint assaillir sa maison, où ledit duc estoit dedans; et fut cecy tant sondain qu'à grande peine pusmes-nous mettre audit duc sa cuirasse sur luy; et une sallade en la teste, et incontinent descendismes le degré pour cuider saillir en la rue. Nous trouvasmes nos archiers empeschés à deffendre l'huis et les fenestres contre les Liégeois; et y avoit un merveilleux cry en la rue. Les uns : «Vive le roy! » les antres : «Vive Bourgougne! » et les autres : «Vive le roy, et tuez! » et fusmes l'espace de plus de deux patenostres avant que ces archiers pussent saillir de la maison, et nous avec eux. Nous ne sçavions en quel estat estoit le roy, ni desquels il estoit (6), qui nous estoit grand doute (7). Et incontinent que nons fusmes hors de la maison, avec deux ou trois torches en trouvasmes aucunes autres; et vismes gens qui se combatoient tout à l'environ de nous; mais peu dura, car il sailloit gens de tous costés venans au logis du duc. Le premier homme des leurs qui lut tué, fut l'hoste du duc, lequel ne mourut pas sitost; et l'ouys parler : ils furent tous morts, ou bien pou s'en falut.

Aussi bien assaillirent la maison du roy; et entra son boste dedans; et y fut tué par les Escossois, qui se montrèrent bien bonnes gens; ils ne bougèrent du pied de leur maistre, et tirèrent largement flesches, desquelles ils blessèrent plus de Bourguignons que de Liégeois. Ceux qui estoient ordonnés à saillir par la porte, saillirent; mais ils trouvérent largement gens au guet, qui jà s'estoient assemblés, qui tost les reboutèrent, et ne se montrèrent pas si experts que les autres. Incontinent que ces gens furent ainsi reboutés, le roy et ledit duc parlèrent ensemble; et pouce qu'on voyoit beaucoup de gens morts, ils eurent doute que ce ne fussent des leurs ; toutesfois peu s'y en trouva, mais de blessés beaucoup. Et ne faut point douter que, s'ils ne se fussent amusés en ces deux lieux (dont j'ay parlé) et par espécial à la grange, où ils trouvèrent rèsistance, et eussent suivi ces deux hostes, qui estoient leurs guides, ils eussent tué le roy et le duc de Bourgongne : et croy qu'ils eussent desconfit le demourant de l'ost. Chacun de ces deux seigneurs se retira en son logis, très esbahy de cette hardie entreprise; et tost se mirent en leur conseil à sçavoir qu'il seroit à faire le lendemain, touchant cet assaut qui estoit dèlibèré : et entra le roy en grand doute, et en estoit la cause, qu'il avoit peur que, si ledit duc failloit à prendre cette cité d'assaut, le mal en tomberoit sur luy, et qu'il seroit on danger d'être arresté, ou pris de tous poincts, car le duc auroit peur, s'il partoit, qu'il ne luy fist la guerre d'autre costé. 1cy pouvez voir la misérable condition de ces deux princes, qui par nulle voye ne se sçurent assurer l'un de l'autre ; ces deux icy avoient fait paix finale, n'y avoit pas quinze jours, et juré si solemnellement, de loyaument l'entretenir; toutesfois la fiance ne s'y pouvoit trouver par nulle voye.


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MessageSujet: Re: Histoire de Liège = Histoire de France "La bataille des 600 Franchimontois"   Histoire de Liège = Histoire de France "La bataille des 600 Franchimontois" EmptyVen 14 Fév 2014 - 21:45

La bataille expliquée en Français plus traditionnel !

Le 27 octobre 1467, Charles le Téméraire vint s'établir avec le corps sous ses ordres près de Sainte-Walburge, et prit son quartier au milieu du faubourg.
Le roi de France passa la nuit du 27 au 28 dans une grande ferme éloignée d'un quart de lieue de la ville. Il avait avec lui une centaine d'Écossais de sa garde et trois ou quatre cents gendarmes.
Le lendemain, il quitta ce logement pour occuper une petite maison qui n'était séparée de celle du duc de Bourgogne que par une grange. Ce dernier, supposant toujours quelque arrière-pensée au roi, craignant qu'il ne voulût ou s'échapper furtivement, ou se jeter dans la ville pour appeler le peuple aux armes, ou peut-être attenter contre sa personne, plaça trois cents hommes d'élite dans cette grange. Il en fit percer et créneler les murs de chaque côté afin que cette garde fût mieux à même de tout observer et de se porter où sa présence serait nécessaire.
De la position élevée que couronnait l'armée des Bourguignons, on embrassait cette grande ville s'étendant au loin dans un vallon pittoresque et fertile, sur les deux rives de la Meuse. De là on découvrait ces murailles , ces tours et ces portes jadis surmontées d'autant de citadelles, alors en ruine ou remplacées par de faibles palissades ; et tout en bas de la montagne, au milieu des édifices et des innombrables églises dont on apercevait à ses pieds les clochers et les cimes élancées, dominaient cette immense cathédrale de Saint-Lambert qui ne fut détruite que de nos jours , et l'antique palais de l'évêque, où l'évêque n'était pas pour mourir avec son peuple !
De là le Bourguignon avide, pressentant les dispositions fatales du destructeur de Dinant, dévorait d'avance les dépouilles que devaient receler tant de maisons de riches bourgeois et de riches marchands, tant de palais, de couvents, de prieurés et d'abbayes.
Charles, dont la dernière tentative des Liégeois n'avait fait qu'affermir de plus en plus la cruelle résolution, annonça qu'on attaquerait le lendemain. Les milices liégeoises, si souvent décimées; dépouillées naguères de toutes leurs armes; sans cavalerie; sans une seule pièce d'artillerie en bon état; n'ayant plus ni murailles, ni remparts pour se défendre; abandonnées de ce vil et infâme roi de France qui combattait avec ses ennemis contre des infortunés qui se perdaient à cause de lui; forcées de faire tête à une armée nombreuse qui les attaquait de plusieurs côtés à la fois sans trouver d'obstacles nulle part, ne pouvaient songer ni à livrer combat , ni à soutenir un siége en règle.
Il ne restait d'hommes valides dans toute la cité que six cents Franchimontois , avec quelques proscrits et deux braves capitaines nommés Vincent de Bueren et Georges de Strailhe ; c'étaient d'anciens compagnons d'armes de Jean de Ville, qui avaient combattu vaillamment à Brusthem et partout où les Liégeois se distinguèrent.
Ils rassemblèrent leur petite troupe et lui dirent :
- « Liège n'existera peut-être plus demain ; elle sera détruite comme Dinant, et son pauvre peuple sera traité comme les Dinantais : elle ne saurait éviter son sort si vous l'abandonnez. Quant à vous., les forêts des Ardennes vous sont toujours ouvertes; il vous est facile d'échapper aux Bourguignons. Mais vous savez ce que c'est que l'exil; et peut-être penserez-vous comme nous qu'il vaudrait mieux mourir ici pour son pays que de périr de faim et de froid dans les forêts, ou de manger le pain amer de l'étranger !... Que ne pouvons-nous tenter un dernier coup ! »
- « Nous le pouvons, s'écrièrent à la fois tous les Franchimontois, et, si nous n'avons une belle victoire, nous aurons du moins une bien glorieuse mort! »
- « Puisque vous êtes des hommes, répliquèrent Strailhe et Bueren, soyez ici avec vos armes , ce soir, à dix heures ! »
A l'heure convenue , ils arrivèrent au rendez-vous , munis de leurs lourdes piques ; ils y trouvèrent les deux hôtes des maisons occupées par le roi et le duc, qui devaient leur servir de guides... Ils se glissent en silence, à travers leurs remparts à demi-ruinés, vers les hauteurs de Sainte-Walburge ; escaladent aisément les mauvaises palissades en planches qui couvraient la ville de ce côté; gravissent les sommités de la montagne en faisant divers détours et en cherchant les endroits les plus sinueux pour dérober leur marche aux ennemis; évitent les corps avancés des Bourguignons; traversent une partie de l'armée sans coup férir ; surprennent et égorgent en passant quelques sentinelles; s'attachent un instant au pavillon du duc d'Alençon , derrière le logis du duc de Bourgogne et essaient de le forcer ; puis, voyant qu'on s'y met en défense , ils l'abandonnent ; puis réprimandés par leurs guides, qui s'effraient de leurs retards, ils se précipitent vers les deux chétives habitations qui abritaient Charles de Bourgogne et le roi de France. Malheureusement les trois cents Bourguignons que Charles avait placés dans la grange entendent quelque rumeur pendant que les Liégeois s'arrêtent au quartier du duc d'Alençon. Ils se lèvent en sursaut et s'arment au hasard.
Les Liégeois surpris , et ne comptant pas toutefois qu'il y eût dans cette espèce de citadelle une si forte garnison, les attaquent à grands coups de piques à travers les crénelures de leurs murailles, et en même temps ils cherchent à forcer les logis des princes ; mais la résistance est plus vive qu'ils ne l'avaient prévu. Les uns crient, vive Bourgogne ! les autres vive le roi ! et tuez ! Bientôt toute l'armée est en émoi : chacun se dirige vers le lieu où il a entendu du bruit.
Charles et Louis n'ayant pas pris de repos depuis plusieurs jours, s'étaient mis au lit et dormaient profondément pour se refaire en attendant l'assaut du lendemain. Le duc n'avait avec lui que douze archers qui jouaient aux dés dans une chambre au-dessus de la sienne. Louis était gardé par ses fidèles Écossais. Charles, brusquement réveillé, endosse à la hâte son haubergeon et veut descendre dans la rue où l'on se battait aux flambeaux avec un vacarme et une confusion extrêmes ; il trouve ses archers occupés à défendre la porte, non sans peine, contre les assaillants, et il ne sort point. On ne savait dans cette mêlée à qui l'on avait affaire, ce qui augmentait encore la terreur. Les Bourguignons éprouvèrent des alarmes d'autant plus vives qu'ils soupçonnèrent d'abord quelque nouvelle trahison de la part de Louis XI ; et les Liégeois, qui l'avaient prévu, cherchaient à provoquer des méprises en criant à force : vive le roi ! vive la France !
De leur côté les Écossais défendaient vaillamment leur maître, et tirant au hasard, ils tuaient indistinctement Liégeois et Bourguignons. Les deux conducteurs des Franchimontois tombèrent malheureusement les premiers. Les Liégeois redoublèrent d'efforts; cependant dès que l'un d'eux touchait le seuil fatal, il était abattu. Ceux qui le suivaient, frappaient à leur tour ; mais peu nombreux , et combattant sur plusieurs points à la fois, ils voyaient leurs rangs de plus en plus s'éclaircir, tandis que leurs ennemis se renforçaient de toutes parts.
Enfin cette poignée de braves, enveloppée, accablée sous le poids d'une armée nombreuse, succomba jusqu'au dernier, après avoir immolé une grande multitude d'ennemis ! On dit que la nuit n'a point de honte : cependant aucun ne voulut fuir; ils avaient juré de vaincre ou de mourir, et ils moururent.
Ils moururent, léguant à leur patrie une gloire immortelle. Il s'en fallut de bien peu, dit Philippe de Comines, que cette entreprise hardie ne réussît; et, si les Liégeois eussent marché droit aux maisons occupées par le roi et par monseigneur de Bourgogne, nul doute que ces deux princes n'eussent été tués ; et que l'armée n'eût été entièrement détruite.


Cordialement
Thierry
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MessageSujet: Re: Histoire de Liège = Histoire de France "La bataille des 600 Franchimontois"   Histoire de Liège = Histoire de France "La bataille des 600 Franchimontois" EmptySam 15 Fév 2014 - 14:51

Superbe.
pas de traduction en bon français ?  lol! 
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MessageSujet: Re: Histoire de Liège = Histoire de France "La bataille des 600 Franchimontois"   Histoire de Liège = Histoire de France "La bataille des 600 Franchimontois" EmptySam 15 Fév 2014 - 17:48

Merci Daniel

Le premier récit est un peu dur.

Le second est plus compréhensible.

Faut m'excuser, je suis Belge!!!  lol!

Cordialement
Thierry
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