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 Tir au fusil Mle 1853 Tcar - Part.2 : la théorie du tir sur arme longue ancienne

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St Etienne
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Nombre de messages : 329
Localisation : Paris / Pays de Loire
Thème de collection : Armes réglementaires française XIXe
Date d'inscription : 29/05/2012

MessageSujet: Tir au fusil Mle 1853 Tcar - Part.2 : la théorie du tir sur arme longue ancienne   Lun 25 Juin 2012 - 23:15

Bonsoir,

Je vous avais présenté le fusil Mle 1853 Tcar, puis sa balle à jupe Mle 1854.
Voici le moment de vous parler théorie. C'est peut-être un peu rébarbatif, mais comme il s'agit de faire revivre des armes dont le fonctionnement est depuis longtemps oublié ...
Et c'est aussi comme ça qu'on peut se rapprocher de la réalité de nos soldats de Crimée ou d'Italie.

Pour commencer, je dois préciser qu'il s'agit uniquement de tir à la poudre noire.
Toute utilisation de poudre moderne, Tubal et autres poudres sans fumée est absolument inconcevable pour des armes faites avant 1886 : il y a danger grave pour le tireur et ses voisins.
Un exemple sur un Rolling Block ayant tiré une 500 Nitro rechargée en PSF : http://dutchman.rebooty.com/RBfailure.html

Un peu de théorie.

Les poudres noires modernes ont un très haut degré de fiabilité et se différencient les unes des autres essentiellement par leur granulométrie : dimensions des grains.
Pour ce qui est des poudres Françaises (PN Vectan),
- la poudre F4 - appelée pulvérin - poudre très fine utilisée pour amorcer les armes à silex.
- la poudre F2, assez vive et à grains assez fins est destinée aux armes courtes ou aux carabines de petit calibre (jusqu'au 45).
- la poudre F1 est destinée aux armes longues de gros calibre.
- la poudre "à mousquet" reproduit assez bien la granulométrie du XIXe siècle et on l'utilise sur les armes lisses de gros calibre.

Pour ma part, j'utilise 2 poudres assez semblables :
La Suisse n° 2 et la PNF1. La Suisse 2 encrasse beaucoup moins que la PNF1 ... mais coûte 30 % plus cher.

J'ai tout de même noté pour mon fusil 1853 que la PNF1 assurait de meilleurs groupements.
Mais sur mon Mississippi 1841 en calibre .54, la S2 est plus performante sur 50 comme sur 100 mètres.

Donc importance du choix de la poudre.

Il faut ensuite trouver le poids de poudre idéal.
Pour le tir à 50 mètres au fusil 1853, je pèse mes charges à 55 grains, c'est à dire 3,56 grammes. C'est quasiment le dixième du poids de la balle.
Pour définir la charge, c'est plusieurs essais jusqu'au moment ou on obtient le plus faible écart entre le point visé et le centre du groupement.

Pour la mise à feu, on utilise aussi des amorces à ailettes pour armes longues comme celles-ci de fabrication allemande :


Balle, poudre, amorces ... on a presque tout.

Sauf la graisse.

Elle est essentielle pour plusieurs raisons.
1 - elle facilite le chargement de la balle
2 - elle assure une meilleure régularité du tir
3 - elle protège le canon de l'emplombage.

Je confectionne moi-même ma graisse, je la veux suffisamment souple pour la poser sur la balle, mais en même temps je ne veux pas qu'elle fonde quand je charge dans un canon parfois assez chaud ...
J'utilise un mélange de lanoline (produit extrêmement gras et visqueux provenant du lavage de la laine brute) de margarine et de stéarine (trognons de bougies). C'est assez pifométrique, en gros 1 tiers de chaque matière. La lanoline est assouplie par la margarine et le tout est stabilisé par la stéarine. On fait le mélange au bain-marie.

Les balles dites "minié" donnent leur meilleur rendement lorsqu'elles sont juste au diamètre du plat des rayures moins ... entre 2 et 5 centièmes de mm. Donc c'est très serré dans le canon et il faut descendre la balle au contact de la poudre.

Sauf qu'après chaque tir, la poudre noire laisse plein de résidus dans le canon, et le chargement des balles suivantes est parfois impossible.

La solution a été trouvée en même temps que le principe de Minié par les cannelures ou gorges qui ceinturent la balle. Sur la balle 1854 il y a une gorge assez large.
Cette gorge est destinée à recevoir la graisse, jusqu'à saturation. Lorsque l'on descend la balle dans le canon, la graisse fond dans la cannelure et se dépose en film le long du canon, et en même temps, par un effet d'aspiration, les crasses viennent s'y loger.
Au départ du coup, l'explosion de la charge va forcer la jupe de la balle à se dilater et à s'imprimer sur les rayures et la balle va parcourir le canon, emportant en même temps une bonne partie des crasses du coup précédent.

Au cours d'une séance de tir (13 coups plus un coup de flambage en 30 mn) on remarque quand même l'encrassement progressif du tube ... mais cela reste néanmoins dans des limites acceptables, sachant que les règlements MLAIC, FFTir et ADF interdisent le nettoyage des canons entre chaque coup ...

Voila, fin de l'aperçu sur la partie théorique du tir. Prochain post sur le tir réel.

A bientôt.
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Crevette
Administrateur
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Nombre de messages : 22823
Age : 60
Localisation : Haut Doubs
Thème de collection : reconstitution XVII° et XVIII°.
Date d'inscription : 02/03/2009

MessageSujet: Re: Tir au fusil Mle 1853 Tcar - Part.2 : la théorie du tir sur arme longue ancienne   Mar 26 Juin 2012 - 10:51

Bonjour,
belles explications, voici un sujet très pédagogique!

Un mécanisme Remington est très solide, certaines armes de ce type ont parfaitement passé le cap de la PSF avec notamment la 8 Lebel pour rester chez nous, mais je suppose que la charge d'une .500 Nitro Express est bien trop forte?

Pour ce qui est de l'encrassement, c'est ma foi une "réjouissance" de la PN, qui va de pair avec son beau nuage de fumée.
Un Chassepot ne peut tirer qu'une vingtaine de coups sans trop de problèmes, après l'introduction des cartouches devient problématique.

Maintenant on ne tire pas le même nombre de coups avec une arme à PN qu'avec une arme récente.
Déjà à l'époque la dotation en cartouches était assez réduite.
Cordialement,
CG
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http://guerrede30ans.unblog.fr/
 
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