Bonjour,
voici la reconstitution d'un sabre de grenadier d'époque 1700/1730.
Matériel de départ, une bonne lame de sabre-briquet 1816 jamais montée ni même finie, et une copie de sabre de cavalier 1759 anglais qui ne ressemble à rien:

On ne conserve que la fusée et la monture de la vilaine chose.
Etonnamment, ces pièces sont très bien faites:

La soie et le talon de la bonne lame n'ont jamais été finis:

Amputation des deux branches qui font trop anglais d'une part et trop 1750 d'autre part:

Vient ensuite le polissage pour supprimer les restants de branches: papier de verre, dremel... ceux qui ont lu mes sujets de restauration connaissent.
Voilà qui est fait, lame et poignée.

Il faut ensuite adapter la taille de la soie aux trous de la garde et de la fusée. Toutes les dimensions sont à reprendre, pas d'état d'âme: disqueuse et meuleuse.
Il faut aussi faire le talon de la lame pour qu'il colle bien aux pontats.

Le montage a été fait à frottement dur, une pièce de cuir destinée à l'étanchéité du fourreau est intercalée entre talon et pontats:

Le petit bout de soie qui dépassait a été scié et une belle rivure est faite:

Et voilà ce que ça donne pour une modique somme de 55€:

Il n'y a plus qu'à faire le fourreau en cuir, et c'est parti pour de prochaines guerres en 2010§
Cette arme a été faite d'après les cahiers Ariès, c'est la première arme spécifique à l'élite que constituaient les grenadiers: 4 seulement par compagnie.
J'ai conservé la fusée de laiton moulée qui fait plus 1700 que la nouvelle fusée filigranée de laiton torsadé qui est devenue la règle ensuite.
Ce n'est donc pas une copie exacte, mais une arme qu'aurait fort bien pu porter un grenadier au tout début du XVIII° siècle.
Voici maintenant comment faire son fourreau:
Commencer par tracer les contours de la lame en laissant de la marge autour.
Bien penser pour un fourreau courbe que la couture ne doit pas se voir, elle est côté corps:

Ensuite mesurer à l'aide d'une chute la largeur totale du cuir. Répéter cette opération tous les 10cm environ:

Reporter ces mesures sur le cuir et tracer les découpes. On voit qu'il faut 3 fois la largeur de la lame pour ce fourreau:


Découper:

Faire tous les 5mm un avant-trou à l'aide d'une alène:

Tous les trous sont faits, il faut être le plus régulier possible:

Tracer et écouper de crochet qui fixera le fourreau au baudrier. Ici j'ai pris une feuille de laiton:


Le mettre en forme autout de la lame:

Repérer l'emplacement où il doit se trouver puis faire une fente:

Mettre en place le crochet:


Commencer la couture si possible à deux aiguilles et au fil éventuellement poissé, ça sera plus solide:

Couture finie, on a une saucisse! Dans le cas d'un fourreau courbe il faut adapter les 2 côtés l'un à l'autre en faisant 2 ou 3 entailles pour raccourcir légèrement le plus long.
Il faut aussi éviter que la couture ne parte en vrille:

La lame entre parfaitement sans coincer:

Pour mettre en forme il est nécessaire de mouiller puis de mettre sous presse:

Préparer la boule qui finira le bas du fourreau. Ici c'est une boule laiton de tringle à rideau dans laquelle je visse une visà métaux:

L'ensemble est mis en place :

Puis ligaturé:

Tout comme l'est aussi le crochet, cette fois-ci à l'aide de fil de laiton torsadé:

Et voilà le résultat après 2 petites heures de bricolage:


Tout ça n'a rien coûté, le cuir vient d'un vieux cheval d'arçon, le reste est de la récup.
Ces techniques de boule de crochet et de ligatures sont typiques de la fin XVII°/début XVIII°.
Ensuite on en viendra aux chapes et boutterolles agrafées.
Cordialement,
CG