De Lattre de Tassigny, Maréchal de France : « (Mouilleron-en-Pareds, Vendée 1889- Paris 1952 ) : Ancien élève des Écoles militaire de Saint-Cyr et de Saumur, officier de dragon en 1914, il termine la guerre dans l’infanterie avec le grade de capitaine, quatre blessures et huit citations. Après avoir servi au Maroc jusqu’en 1926 puis être sorti major de sa promotion de l’école de guerre, il appartient à l’état-major de Weygand. Chef de son état-major de la Vème armée, cantonnée en Alsace durant la « drôle de guerre », de Lattre de Tassigny prend en 1940 le commandement de la 14ème D.I , avec laquelle il combat dans le région de Rethel. Commandant le secteur tunisien en 1941, la région militaire de Montpellier en 1942, il est le seul commandant à s’opposer à la passivité de l’armée de l’Armistice en novembre, lors de l’entrée des Allemands en zone sud. Cette insubordination lui vaut d’être jugé par le tribunal militaire de Toulouse, qui lui afflige une peine de dix ans de prison. Quelques mois plus tard, le Comité français de Londres l’aide à s’évader. Passé de Londres à Alger, de Lattre reçoit du Général Giraud le commandement d’une armée B en formation en Algérie, embryon de la future I ère armée française. Avec la 9 ème D.I.C, il dirige la prise de l’île d’Elbe, du 16 au 18 juin 1944, puis il débarque en Provence les 15 et 16 août, menant ses avant-gardes à l’assaut de Toulon, puis de Marseille, avant de remonter la vallée du Rhône, la Saône, et le Jura. Renforcée par les divisions du corps expéditionnaire d’Italie, la I ère armée, mène l’offensive de novembre 1944 contre Montbéliard, Belfort, Mulhouse, réduisant, au milieu des pires difficultés, la poche de Colmar le 9 février 1945. De Lattre dirige ensuite la défense de Strasbourg en janvier 1945, puis il ordonne la pénétration dans le Palatinat en mars, prélude au franchissement du Rhin le 30 mars et les 1er et 2 avril. Alors qu’il débute la campagne de la Forêt-Noire qui mène à Stuttgart, sur le cour supérieur du Danube et du Tyrol, justifiant son nom de Rhin et Danube. Il est désigné par le Général de Gaulle pour représenter la France à Berlin dans la nuit du 8 au 9 mai, lors de la cérémonie interalliée de la signature d’Armistice.
En 1949, il exerce les responsabilités de commandant des forces terrestres de l’O. T. A. N. L’année suivant il est nommé haut-commissaire en Indochine, où la situation militaire est préoccupante, en particulier dans le Tonkin. Nommé commandant en chef, il remonte le moral de la troupe, stimule les cadres, et parvient à stabiliser la progression du Viêt-minh, sur le pourtour du Delta. La mort au combat de son fils Bernard attriste cependant ces dernier mois : miné par un cancer, il est obligé de rentrer en métropole. Le gouvernement lui décerne le jour de son enterrement le bâton de Maréchal ».
op. Cit. source : BESSET (FRÉDÉRIC), MÉHU (DIDIER), PÉRICARD-MÉHA (DENISE), ROWLEY (ANTHONY), SALLES (CATHRINE), VALLAUD (PIERRE), WARESQIEL (EMMANUEL DE), Dictionnaire de l’Histoire de France, Perrin, 2002, p.574